• Souvenirs - 2ème partie

     

    SOUVENIRS - 2ème partie

     

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     Mes jeunes années
    Juan Les Pins
    Baïnem
    CIT 160 Beni-Messous


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    MES JEUNES ANNEES


    Souvenirs, Souvenirs... C'est vrai que j'en ai des souvenirs, des bons, des moins bons. Les moins bons, je ne vous en parlerais presque pas, ils n’ont aucun intérêts, si ce n'est, mon premier et le plus mauvais, la séparation de mes parents, en novembre 1950, j'ai alors 12 ans, je suis à Camille Douls, et j'ai l'impression que le monde va s’effondrer. Sans ma mère, je ne serais plus rien, la vie est finie. Mais à cet âge-là, la vie reprend vite son cours. En fin de compte, ma maman, ne sera pas très loin, bien sûr, je n'aurais plus son petit bisou, chaque soir, avant de m'endormir, mais je la verrais, une fois par semaine.

    La vie, est ainsi faite, c'est toujours, les gosses qui trinquent. Il faut dire tout de même qu'à cette époque, les divorces, ne sont pas encore monnaie courante, comme maintenant. Je vais subir cela sans pouvoir en parler avec personne, au contraire même je le cache. D'ailleurs cela n'intéresse personne. Seules quelques personnes du quartier s'en sont peut-être rendu compte car maman vient une fois par semaine rendre visite à mes grands-parents qui résident au premier étage de mon immeuble du 60.


    Maman, 22 ans, pose sur la terrasse de mes grands-parents - Octobre 1939


    Pour bien situer les choses, il faut que je vous dise d’abord que je suis né en 1938. Que j’ai fait ma première communion en 1949 en la Cathédrale d’Alger.
    Que je n’ai fait que neuf ans d’études (y compris la maternelle) de 8 ans et demi à 16 ans et demi, dans les écoles suivantes : Saint Joseph (1 an), Lavigerie (2 ans), Camille Douls (2 ans), et Place Lelièvre (4 ans) (Voir ma rubrique "Nos Ecoles").

     

     10 ans 1/2 - 1ère Communion en la cathédrale d'Alger le 22 mai 1949 

     

    Voilà, le décor est planté, je viens d’avoir 12 ans, et me voilà livré à moi-même.
    C'est papa, qui à ma garde, car mam
    an ne travaille pas et n'a pas de revenus.

    Mon père, dirige avec beaucoup de maîtrise et de savoir-faire, l'usine de chaussures du 15 de la rue Fourchault. Il y est associé à mon grand-père maternel et mon oncle Adolphe, frère cadet de ma maman.

    L’usine tourne encore très bien, le travail ne manque pas, mon père est débordé. Il décide alors de prendre une personne qui s'occupera de la maison. Les choses s’arrangent pour moi, je suis toujours livré à moi- même, mais au moins, il y a quelqu’un à la maison.
    Bien entendu, mes résultats scolaires s'en ressentent, je suis moins bon en classe.

     

     

    Je suis plus souvent dans la rue. Je fais la connaissance de plein de jeunes du quartier que je ne faisais que croiser auparavant. Ma vie va s'orienter de façon différente. Étant plus souvent dans la rue, je vais goûter à d’autres plaisirs. Le foot, les bagarres, les ampoules cassées avec nos taouettes, les petits larcins, les filles etc...

     

     

     

     

                 

      

    Papa sur la terrasse de mes grands-parents, 60 rue Cardinal Verdier
    Derrière, la palissade c'est chez Didinne.
    Au fond, l'immeuble de la rue Larrey.

     


    Le foot, le foot de rue, celui que l'on pratique, avec n'importe quelle balle. Tout est bon, pelotes faites de bouts de tissus assemblés et serrés par des ficelles, balles de tennis, balles de caoutchouc, et dans les meilleurs jours, des vrais ballons de foot en cuir très dur, avec des gros lacets qui font mal, quand on fait des têtes. Des parties interminables, soit rue Cardinal Verdier, devant la S.A.C.T., une partie de rue, bien droite, bien plate.

    Photo prise du 1er étage du 60 rue Cardinal Verdier
    A remarquer, les trottoirs encore en terre battue.

    A gauche derrière la grille, la clinique Barbier-Hugo. A droite derrière le grand mur, l'hôpital militaire Maillot.


    Et puis le Mozabite, que nous appelions le Moutchou, était là, à quelques mètres. C'est chez lui que nous achetions, cette fameuse bouteille de Gazouze (limonade Hamoud Boualem) ou bien cette bouteille mythique de Selecto. C'était l'enjeu de toute partie, une bouteille que nous partagions entre tous, ce qui ne faisait qu'une petite gorgée pour chacun, et quelques gouttes pour les plus petits dont je faisais partie. A cette époque, les rues n'étaient pas très encombrées de voitures, et nos jeux plus faciles. D'autres fois, les matchs se déroulaient sur le boulevard de Flandre, entre les deux portes du «cimitière» (la petite à côté de la marbrerie Sambucchi et celle des marchands de fleurs, un peu plus bas.


    Photo prise du 1er étage du 60
    A gauche la marbrerie H. Sambucchi, l'entrée et une petite partie du "cimitière" de Saint-Eugène.
    En face, la clinique Barbier-Hugo.

     

    Des petits matchs, se déroulaient rue Larrey, devant les boutiques des petits artisans, malheureusement il arrivait, que nous cassions les vitres de leurs ateliers et cela finissait en poursuite  et quelquefois en confiscation de ballons. Mais le top, c'était de pouvoir faire nos rencontres de foot  sur le petit terrain de la rue Larrey où fut construite plus tard une école. Nous avions même réussi à fabriquer des buts en bois mais sans filets. Il y avait là trois ennuis, il fallait escalader un mur de briques rouges dans lequel nous avions fait des petits trous qui nous servaient de barreaux d’échelles pour grimper plus facilement. De plus le mur était hérissé de tessons de bouteilles, ce qui ne facilitait pas le passage.
    Et troisième ennui, ce terrain se trouvait en surplomb du cimetière, et quand le ballon tombait en bas sur les tombes, il fallait descendre le chercher, en glissant le long d'un poteau électrique. Le retour sur le terrain n'était pas facile, car il fallait se taper l'allée qui menait à la petite porte du cimetière (celle du gardien juste à côté de chez Sambucchi) et remonter toute la rue Larrey.

     

    Je passe rapidement sur les petits jeux tels que noyaux d'abricots, billes, tchappes, toupies etc.... (Voir ma rubrique Jeux). Les personnages participants étaient toujours les mêmes, comme pour le foot, Riri, Didinne, José, Sauveur, Nini, Jean-Pierre, Yves, etc...

     




    Et puis, voilà que mon père, sans que je ne lui ai jamais demandé, m'offre, lors de vacances à la Madrague, un vélo. C'est à ce moment que mes projets vont s'orienter différemment. Ce beau vélo rouge, de marque Motobécane, n'était qu'un mi-course. Malgré cela je l'ai tellement 'kiffé" que bien vite je me mis à le transformer en soi-disant vélo de course, en changeant les poignées de freins, en rajoutant de la Guidoline sur le guidon, un porte bidon, une selle plus étroite et en lui ôtant ses garde-boues ! Et voilà, c'est parti! Nini et José, qui ont déjà un vélo, me suivent dans ma folie : je veux être coureur cycliste!
    Le sport, je connais déjà un peu. Le foot dans la rue, l'athlétisme et le handball  à l'école avec mon prof de la Place Lelièvre, Monsieur Roméo. Le handball ne me plait pas, le foot ne plait pas au prof. On arrive tout de même à former une équipe de foot, mais nous n'aurons pas l'aide du prof. En parallèle, je pratique les deux sports, mais mon choix s'oriente plutôt vers le cyclisme.


    Equipe de foot de la place Lelièvre de 1952
    De haut en bas et de gauche à droite:
    Chouquet - Delgado - Lias Chabri - X - Marinozo - Sportiche
    X - Aragones - Solé - X - X - X

     
    J'ai entamé une petite carrière, comme vous le verrez par ailleurs dans ma rubrique "Cyclisme". Dans le quartier, seul Sauveur Bettini avait entrepris cette carrière de coureur amateur. Je l'ai ainsi retrouvé au CCBO (Club Cycliste de Bab-El-Oued), dont mon père était Président d'Honneur.

    Licence F.F.C.

    Carte membre C.C.B.O.



    Après Saint-Joseph, Lavigerie et Camille Douls, me voilà à la Place Lelièvre (Voir rubrique "Nos Ecoles"). Les études me poursuivent, plus que je ne les poursuis. Je ne pense qu'aux sports et aux filles. Je continue mes entraînements avec José (64 rue Larrey) et Nini (du 58), le grand frère de Lucien Stabile. Trois sorties par semaine, mardi, jeudi et dimanche, avalant beaucoup de kilomètres. Mais José et Nini, ne tiennent pas à courir. Je m'inscris au CCBO, comme je vous l'ai dit plus haut, et là je fais la connaissance de Jojo Canto et Christian Bayonnas, entre autres.
    Peu à peu  je m'éloigne de mon quartier pour en fréquenter un autre, celui de la Place Wuillermoz qui est aussi celui de mes copains de l’École Lelièvre, J. Pierre Lluch et Freddy Marinoso.
    A J. Pierre Lluch,  je transmettrais le virus du cyclisme en lui vendant mon beau vélo rouge. Ainsi pendant quelques temps il viendra aux réunions hebdomadaires du club et aux sorties. Mais ses études prennent le dessus. En plus de Lelièvre, il fréquente le soir une Ecole de Dessin Industrielle au Ruisseau et finit par abandonner le vélo.
    Sur cette placette, face au commissariat du 5° arrondissement, je ferais également la connaissance d'autres copains comme Nano Zmirou, Petit Louis Garcia, Lulu Colonna, Paulo Panissa, René Martin, Roger Azuellos, Robert et Richard El-Kaïm, de Alain Gentil et de Adolphe Vasserot, le premier, membre du CCBO, le second membre de l'UCA.



    Les copains de la place Wuillermoz
    De gauche à droite au 1er rang :
    Nano Zmirou - René Martin - Alain Chouquet - Freddy Marinozo - Lulu Colonna - X
    derrière : Jean-Pierre Lluch

     

     


        Jardin Guillemin 
    Alain Chouquet - Freddy Marinozo - Louis Garcia - X

     

     


    Jardin Marengo
    De gauche à droite :
    Louis Garcia - X - Alain Chouquet

     

     


    Pointe Pescade Noël 1955
    En haut :  X - Alain Chouquet - Nano Zmirou
    Au 1er plan :  X - Richard El-Kaïm - Jean-Pierre Lluch - René Martin - Freddy Marinozo - Lulu Colonna - X

     

    Ma carrière cycliste, contrariée par les études (manque de temps) et les événements, va malheureusement être brève. Trois petites courses et puis s'en va.
    J'ai eu tout de même la grande joie de participer à une course que l'on ne peut pas oublier, le « Premier Pas Dunlop ». Alain Gentil, le gagna, Jean Pierre Castaldi finit quatrième, et moi sixième. Bab-El-Oued était bien représenté cette année là. Tous les trois issus du fameux CCBO.



    1er pas Dunlop 1955
    De Gauche à droite :
    Alain Gentil - Alain Chouquet - Michel Castaldi

     
    J'aurais la chance de partager un moment de plaisir en compagnie d'un grand champion Marcel Molinès lors d'une sortie avec l'U.C.A.  Je ferais également connaissance d’autres grands coureurs de notre ville d'Alger. Je vais avoir le plaisir, grâce en partie à ma carte de club et à une certaine débrouillardise, de pouvoir approcher de près beaucoup de champions internationaux comme Chérif Hamia ou Héda Frost, notre grande championne de natation, ainsi que  beaucoup d'autres coureurs cyclistes métropolitains et étrangers (Voir le petit carnet bordeaux). 



    Photo dédicacée par Chérif Hamia

     
    En juin 1955 je termine mes études, sans diplômes si ce n’est le certif, qui ne sert à rien ! Le 4 octobre de cette même année j’entreprends une carrière d'employé de bureau à la Mairie d'Alger... après avoir pris mes trois mois de vacances scolaires!

     Carte professionnelle d'Agent Communal - Mairie d'Alger 1955

     


      Je continue un peu le vélo mais pour mon plaisir. J'ai fait l'achat d'un Vespa et la drague repart de plus belle...



    Facture de mon scooter Vespa 1955



    Le 1er décembre 1956 je change de job.  Je rentre à la Préfecture d'Alger  pour y rester jusqu'au 31 octobre 1958. Entre temps, j'ai changé de moyen de locomotion en achetant un Rumi. Et là, pas besoin de dessin  ni de grand discours.

    Facture et documentation d'origine (1958) de mon Rumi

     

    Je me retrouve à un certain moment à Saint-Eugène où je fais connaissance d'autres copains, Michel Cassar, Christian Izzo, Alain Chelpi (ASSE), Daniel Montoro, etc...



    Sur le parapet de Raïsville face au café Chez Riquet
    En haut de gauche à droite :
    X - Alain Chelpi - X - X - Michel Cassar - X -Alain Chouquet - Christian Izzo
    En bas :
    X - Louis Romeo - Jean Oliver - Henri Thomas

     
    Au cours de l'été 1958  j’entreprends un beau voyage sur la Côte d'azur avec une bande de potes de B.E.O., à savoir Kiki Sultan, Jean Oliver, Robert Hamm. Nous y rencontrons d'autres copains, Robert Falzon, Michel Cassar, Christian Izzo de la Conso, Norbert Caïazzo. Beaucoup de bons souvenirs de ce beau voyage où nous avons écumés toute la Côte, de Marseille à San-Rémo en Italie. Mais, à ce stade de mon récit, je serais discret. Rideau.
    Des questions se posent pour moi aujourd’hui, je ne me souviens pas, mais alors pas du tout, d'où ou de qui venait cette idée folle d’organiser ce voyage ? Une chose est sûr, ou presque, c’est qu'au départ d’Alger, nous étions quatre possesseurs d’engins, à savoir : Kiki Sultan et sa Puch 125 cc, Jean Oliver et Robert Hamm et leur Vespa, moi et mon Rumi. Mais comment se sont joint à nous les quatre autres énergumènes ? Mystère. Surtout que je ne connaissais pas Norbert Caïazzo. Est-ce que Robert, Jean ou bien Kiki s’en souviennent ? Qu’elle était la date exacte ?  
    Nous avons eu la chance de rencontrer B.B., notre Brigitte nationale (accompagnée de Sacha Distel) dans les rues de St-Trop et que nous avons retrouvés un soir dans la boite mythique de l'époque, le Papagayo. 



    Camps de repos des Judokas français à Beauvallon (près de Saint-Raphaël)
    de gauche à droite :
    Norbert Caïazzo - Robert Hamm - Christian Izzo - Alain Chouquet - Robert Falzon - Michel Cassar
    Manque sur cette photo Jean Oliver et Kiki Sultan

     


     

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    JUAN LES PINS 1958

     


    Juan les Pins 1958

    En haut :
    Robert Falzon
    De gauche à droite et de haut en bas :
    Michel Cassar - Alain Chouquet - Robert Hamm - Norbert Caïazzo - X - Kiki Sultan - X - Christian Izzo - X - X
    Jean Oliver

     

    Michel - X - Kiki - Norbert - Jean
    Robert F. - Christian - X

    Jean Oliver

    Robert H. - Alain - Christian - Kiki
    Norbert - Michel - Robert F.

     

     

     

     

       

     

    "L'Equipée Sauvage"
    De gauche à droite :
    Kiki et Christian sur Puch 125cc - Robert H. et Robert F. sur Vespa - Alain et Michel sur Rumi - Jean et Norbert sur Vespa - X

     


     

    Moi - San Remo 1958

     


     

    JUAN LES PINS  JUILLET 1962

     

    Henri Ruiz - X - Nono Spinoza - Alain Chouquet

     

     


    Depuis que je travaille et gagne ma vie, j'ai plus de temps de libre et  je rejoins un autre lieu de rassemblement, le Bar de l'Olympique (à l'angle Consulat, Provence). Encore un tournant dans ma vie. Je suis comme un papillon, qui se déplace de lieux en lieux.
    Là, je fais la connaissance de pleins de nouveaux copains, Dédé Garcia de la Conso, Roland Ferrandiz de la rue des Moulins, qui deviendront au fil des années avec Nano Zmirou mes trois meilleurs amis. Il  y en aura encore beaucoup d'autres, Loulou Jeanjean le pompier, Jean Attard, Pierrot Arfi, Nono Spinoza, Norbert Passarot (Bougamel), Louis (Nîmes Olympique) et Nicolas Landi, Vincent et Sauveur Papallardo (ASSE), Raymond Tortora, déjà journaliste et que l'on retrouvera sur France 2 par la suite, etc. …  Sans oublier mon petit, par la taille et grand par l'amitié, François Cuccinello  avec qui je faisais le chemin, de l’Olympique à la rue Cardinal Verdier très souvent (soit à pieds, soit en Rumi).

      



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    BAÏNEM


    Beaucoup d'entre nous, se retrouverons dans une bande, la "bande des chiffons"  dont le Q.G. se trouvait tous les week-ends à Baïnem, le fief de Jojo Canto, et où un certain Hubert Ferrer nous rejoignait souvent. Un gars de la rue Léon Roches y possédait une villa et nous recevait souvent, il s'agit de Gérard Clément et de ses deux sœurs.
    En plus des boums, surpattes ou bouffas, nous nous retrouverons, presque tous les dimanches après-midi au "San Sébastian" à la Madrague où notre bande savait bien mettre l'ambiance.
    Bien sûr il y en a d'autres, plein d'autres copains que je n'ai pas cités, qu'ils ne m'en veuillent pas. (Voir  "Souvenirs 1ère partie" en début de blog.)
    Par galanterie je n'ai pas nommée de filles, mais il y en avait beaucoup parmi nous.  Alors si certaines d'entre elles désirent êtres citées, elles peuvent me contacter.


    Photo de groupe prise à Baïnem
    De gauche à droite :

    X - X - Jean Attard - X - Robert Hamm - Alain Chouquet


    Chez Gerard Clément à Baïnem
    Gérard - Alain - Roland Ferrandiz - Jeannot Attard - Mireille Clément - X


     Gérard et moi sous la douche


    Jojo Canto et ses femmes à Baïnem

    Une partie de la bande sur la plage du Chenoua

     

    Sur la plage de Baïnem
    de haut en bas et de gauche à droite :
    Jojo Canto - X - Jean Attard (tête baissée) - X - Hubert Ferrer - Lucienne (Bayonnas) - X
    X - X - X - Dédé Garcia - Alain Chouquet - Michelle Barrat

     



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    CIT 160 - BENI-MESSOUS

     
    Je quitte la Préfecture le 31 octobre 1958. Le lendemain matin, Samedi 1er novembre je me retrouve au CIT 160 à Beni-Messous pour quatre mois de classes. J'y retrouve un copain de l'école Lelièvre, Pierre Rosazza, un voisin d’immeuble Jean-Pierre Soliverés ainsi qu' Hubert Ferrer qui va bientôt quitter le camp.

     

     

    Et là, autre événement dans ma vie, je fais la connaissance d'un autre grand de notre communauté, un certain Robert Moyal, que nous connaissons mieux sous le nom de Robert Castel dont les livres "Inoubliable Algérie", "les meilleures histoires de Kaouito le pied-noir" et "Je pose 75, mais je retiens tout" sont en bonne place dans ma bibliothèque.
    (la pub est gratuite Robert, cela ne te couteras rien, c’est aoufo !) 


                           
    Robert, si tu désires nous faire un petit coucou, on en sera ravis !

     

    Peu de traces visibles de ces quatre mois d’armée à Beni-Messous, si ce n’est cette photo de trois tondus, prise il me semble au mess.
    Pour en connaître l’histoire, il vous faudra patienter un peu, car je la raconterai dans ma saga "Que sont mes platanes devenus…", à sortir bientôt dans toutes les bonnes salles de la capitale et de province.
    En attendant vous pouvez admirer de gauche à droite : Pierre Rosazza de la rue Léon Roches, Alain Chouquet de la rue Cardinal Verdier et  Jean-Claude Boriello de la rue Taine.

     



    Au mess du CIT 160.

    De gauche à droite : Pierre Rosazza - Alain Chouquet - Jean-Claude Boriello

    Petit aparté pour vous dire que Pierre vient de me contacter après nous être perdus de vue pendant près de 54 ans. Quant à Jean-Claude il serait du côté de Six-Fours, retraité des taxis... (?)
    A ce moment précis de mon récit j'aimerais également vous lancer un appel. Je vais très bientôt ouvrir trois nouvelles rubriques :
    Une intitulée "Lieux de mémoire" qui sera consacrée à vos textes souvenirs sur notre pays , une seconde "Bab-El-Djedid" sur vos photos et objets de "Là-Bas", et enfin une troisième sur  "Mes rencontres bizarres et insolites". Vous aurez sans doute vous aussi quelques anecdotes et souvenirs à nous conter. Je vous invite donc, si le coeur vous en dit bien évidemment, à venir nous les faire partager.

    Pour en revenir au CIT 160, Robert a plus de chance que moi. Bien que dans la même compagnie lui se retrouve dans un bâtiment en dur, et moi... sous la tente !
    Me voilà donc bidasse et ce jusqu'au 31 janvier 1961 (823 jours), au 27° Train, rue Général Margueritte au Champ de Manœuvres. C'est là que je fais la connaissance d'un gars de la rue Léon Roches, François Gaya. François si tu me lis, te souviens-tu d’une bonne biture, prise un certain 24 janvier 1960 ?!


      
    En stage de dactylo à Ben-Aknoun, au 2ème rang à gauche



    Devant mon bureau au 27ème Train




    Mon chauffeur, mon bahut et moi

    Mon Calvaire. Ci-gisent  823 jours de ma vie

    Certificat de bonne conduite de 1961

     

    Je rejoins, chaque fois que je le peux, mes copains et copines, seules attaches qu'il me reste. En effet, mes parents, désormais séparés, sont partis vers d'autres cieux. Maman, s'est remariée et mon père a été  embauché par un copain d'enfance, ancien du Lycée Bugeaud (avec Albert Camus). Il est maintenant directeur de la boutique Jack Romoli, rue Michelet, à côté du cinéma le Versailles. Il le sera jusqu'en 1961, puis sera muté à Paris toujours comme Directeur mais cette fois de l'ensemble des magasins appartenant à Jack Romoli, à savoir à Paris trois boutiques situées boulevard Saint-Germain, avenue Victor Hugo et rue de Rivoli (en association), une autre à Saint-Tropez, la boutique Micmac, (associé à Gunther Sachs, mari de B.B.) et une quatrième à la montagne dans une station très réputée, Megève si mes souvenirs sont exactes.

     

    Je me fais libérer à Paris, ce qui me donne droit à un voyage gratuit jusqu'à Orly, mon père vient me chercher. Je passe huit jours à Paname, et je retourne à Alger. Février 1961, je ne sais pas ce que me réserve l'avenir, je glande pendant un mois et demi et je retourne à la Préfecture, puis je démissionne. Ma maman est partie, pour Bordeaux, ou son nouveau mari (militaire) a été muté.
    Encore un mois et demi de vacances, et je me fais embaucher chez Philips le 14 juin 1962 (j’y croyais encore).
    Le 24 juin, c'est le départ définitif, sur le Kairouan, destination Marseille, puis Paris.
    Le 3 octobre j'aurais 24 ans, et il me semble que ma vie s'arrête là...

     

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